Erstellt am 02.04.2014

Fact Sheet - Les néonicotinoïdes – un danger pour les abeilles?

Bien que les populations d’abeilles dans le monde ait augmenté ces cinquante dernières années, les abeilles mellifères sont actuellement en diminution dans plusieurs pays européens. Ce déclin est inquiétant. Au nombre des causes présumées de la mort des abeilles figurent des agents pathogènes tels que des parasites (l’acarien varroa), des champignons, des bactéries, des virus ainsi que le recours à certains produits phytosanitaires.

Certaines études scientifiques font état d’un éventuel lien de causalité entre le recours aux produits phytosanitaires à base de néonicotinoïdes et le déclin de certaines colonies d’abeilles. Mais ce ne sont là que des hypothèses non confirmées, étant donné que les effets nuisibles des néonicotinoïdes sur les abeilles ou les bourdons n’ont encore jamais été observés en cas d’application correcte en champ. De plus, en Suisse, dans les régions de montagne où les substances du groupe néonicotinoïdes ne sont pas utilisées, les pertes ne sont pas plus faibles qu’en plaine où l’on recourt à ces produits phytosanitaires.

La proposition de la Commission de l‘UE

En février 2013, le Commission de l’UE a proposé de retirer du marché trois pesticides (clothianidine, imidaclopride et thiaméthoxame) appartenant à la classe des néonicotinoïdes. L’interdiction s’appliquera dans un premier temps pour deux ans aux principales cultures (tournesols, colza, maïs et coton). Le 29.04.2013, les Etats membres de l'UE ont étudié de possibles restrictions dans l'application des trois néonicotinoïdes, sans toutefois parvenir à définir une position commune. Dès lors, la décision appartient maintenant à la Commission européenne, qui voudrait interdire certaines applications.

Dans quatre pays européens, le recours à certains produits à base de néonicotinoïdes destinés à traiter les semences a déjà été interdit. Toutefois, les données recensées jusqu’ici ne donnent aucune indication tendant à démontrer que ces interdictions améliorent la santé des abeilles mellifères ou favorisent le développement des populations d’autres pollinisateurs.

Les néonicotinoïdes dans l’agriculture suisse

Le recours aux insecticides est nécessaire pour protéger les cultures de pertes de rendement ou de qualité causées par les ravageurs. Les néonicotinoïdes sont une classe d’insecticides importante utilisée avec succès depuis le début des années 90 pour lutter contre les insectes nuisibles dans différentes cultures. Tous les produits à base de néonicotinoïdes n’ont pas les mêmes effets sur l’environnement: certains sont toxiques pour les abeilles et ne doivent pas être utilisés pour pulvériser les cultures en fleurs.

Les néonicotinoïdes sont autorisés en Suisse depuis 1997. Ils peuvent être utilisés pour le traitement des semences des betteraves, du colza, du maïs, des céréales, des oignons, des choux, des poireaux et de la salade. Les néonicotinoïdes appliqués sur les semences de maïs en Suisse concernent 5 à 10% de la surface totale de maïs cultivée. Les surfaces correspondantes représentent 100% pour le colza, 95% pour les betteraves à sucre et moins de 10% pour les céréales.

Mesures en vigueur pour protéger les abeilles en Suisse

Depuis l’automne 2008, l’Office fédéral de l’agriculture (OFAG) exige le respect de conditions de qualité rigoureuses pour l’ensemencement de maïs traité. En ce qui concerne la quantité des poussières d’abrasion provenant des semences traitées, elle ne doit pas dépasser une certaine quantité prescrite. En outre, des déflecteurs doivent être mis en place lors de l’ensemencement.

En 2009, l’OFAG a lancé une étude destinée à déterminer comment les mesures plus rigoureuses introduites en 2008 protègent les abeilles du contact avec les néonicotinoïdes.  A cette fin, les populations d’abeilles ont été installées en bordure des champs cultivés dont les semences de maïs ont été traitées aux néonicotinoïdes et observées pendant plusieurs semaines. Ces essais effectués dans les conditions d’utilisation réalistes n’ont pas permis d’observer de résidus de  néonicotinoïdes parmi les populations d‘abeilles, ni chez les abeilles ni dans le miel.

Dans le cas des semences de colza et de betteraves à sucre, la nécessité de prendre des mesures est bien moindre. Contrairement au cas du maïs, les poussières provenant de l’abrasion sont minimes dans ces variétés. Si l’ensemencement est effectué correctement, la dissémination des poussières de semences ne devrait pas constituer un risque pour les abeilles.

Position de scienceindustries

La santé des abeilles nous concerne tous. Il importe, bien sûr, de l’améliorer durablement. Cela exige des efforts de recherche plus intenses portant sur la fiabilité des données scientifiques. Cette recherche doit déboucher sur des mesures qui permettent de poursuivre une approche globale. A cet égard, les points suivants sont essentiels :

  • La mort des abeilles en Suisse ne sera pas vaincue par une interdiction (partielle) ou un moratoire sur les néonicotinoïdes.
  • Les essais scientifiques en plein champ susceptibles de justifier l’interdiction de produits phytosanitaires de cette classe font défaut. Vouloir interdire unilatéralement les produits qui ont fait l’objet des meilleures recherches, qui sont homologués depuis des années et qui, utilisés de manière appropriée, sont considérés comme tout à fait sûrs, serait plus nuisible qu’utile à la production agricole comme à la santé des abeilles.
  • Une interdiction ou un moratoire pourrait réduire jusqu’à 40% le rendement de plantes utiles comme le maïs, le colza, le blé d’hiver, l’orge et la betterave à sucre. Certaines cultures ne seraient plus rentables.
  • L’unique solution de rechange envisageable serait le recours à des traitements de pulvérisation. Comparée à une application précise, respectueuse de l’environnement et hautement efficace de néonicotinoïdes, cette pratique équivaudrait à un énorme recul sur le plan écologique.  
  • Tant l'interdiction que le moratoire entraîneraient des pertes économiques pour les paysans suisses, sans améliorer en rien la santé des abeilles.  
  • En revanche, investir dans la recherche en vue d’améliorer la santé des abeilles est d’une extrême importance. C’est pourquoi l’industrie préconise des recherches globales plus approfondies sur la question complexe de la santé des abeilles.

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